Quoi ! vous abandonnez Monseigneur ?

Mardi 23 juin, il est 17 h 30 - 1789

Pendant ce temps-là, le comte d’ Angiviller, qui se trouve toujours chez Mme de Polignac à l’extrémité de l’aile des Princes, est témoin d’une scène de panique : “J’y étais, lorsque tout à coup je vis entrer dans le salon M. de Bombelles, égaré et comme en délire et la tête entièrement perdue, criant : Le roi est trahi". Je sortis pour me rendre auprès de lui.”

Mme de Polignac, saisie de crainte , me dit : “Quoi ! vous abandonnez Monseigneur ? ”

Le château paraissait comme abandonné. La cour du château était remplie jusque sous les fenêtres du roi par toute cette canaille qui se montrait très échauffée.

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Ce monstre, je l’ai connu : c’était la plus belle, la plus douce

Élisabeth Louise Vigée Le Brun a écrit : Il n’est point de calomnie, point d’horreurs, que l’envie et la haine n’aient inventées contre la duchesse de Polignac, tant de libelles ont été écrits pour la perdre, que, joints aux vociférations des révolutionnaires, ils ont dû laisser, dans l’esprit de quelques genscrédules, l’idée que l’amie de Marie-Antoinette était un monstre. Ce monstre, je l’ai connu : c’était la plus belle, la plus douce, la plus aimable femme qu’on pût voir. Madame de Polignac avait l’air si jeune qu’on pouvait la croire la sæur de sa fille : et toutes deuxétaient les plus jolies femmes de la cour. La duchesse de Polignac joignait à sa beauté , vraiment ravissante, une douceur d’ange, l’esprit à la fois le plus attrayant et plus solide.

Souvenirs de Élisabeth Louise Vigée Le Brun

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«  Mon cher cæur, croyez que tant que j’aurai un cæur, il existera pour vous aimer »

Je reste dit la reine. Elle restera ici toujours. Dans le temps prérévolutionnaires, le nom Yolande de Polignac commençait à circuler en mauvaise part dans des listes de dénonciations. Elle émigra en Suisse le 17 juillet 1789, au lendemain de la prise de la Bastille, puis s’installa avec son mari à Vienne. Elle eut une correspondance secrète avec la reine qui lui écrivait encore : «  Mon cher cæur, croyez que tant que j’aurai un cæur, il existera pour vous aimer » 

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« Adieu, la plus tendre des amies ! Ce mot est affreux,
mais il le faut. Je n’ai que la force de vous embrasser. »

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Sources :

“ Correspondance de Marie-Antoinette (1770-1793) “

Evelyn Lever


” Madame de Polignac “

Nathalie Colas des Francs